Bonne affaire pour certains, coup fourré pour d’autres, le recrutement de Foued Kadir divise. Pour une raison très simple: il est totalement symbolique de la politique actuelle d’un OM dont beaucoup ne savent pas trop quoi penser. Tentons d’y voir plus clair. Ou pas.
Côté pile : Foued Kadir craint dégun

Les Véritables Marseillais le savent : le recrutement de Foued Kadir est une authentique bonne affaire, et à vrai dire, ressemble au coup idéal. Avec une enveloppe de recrutement constituée d’un Kinder Bueno et de deux Tickets Restos, réussir à recruter l’un des meilleurs milieux offensif du championnat, crédité de 6 buts et 4 passes décisives en une demi-saison, tient du prodige.
En effet, débourser 500.000 pour un joueur aguerri à la Ligue 1, qui s’adaptera d’autant plus rapidement à l’OM qu’il évoluait à VA dans un système identique à celui adopté par Elie Baup, est la preuve ultime, que nous, qui aimons vraiment le club, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées remarquablement couillues. Glaçon dans le pastis, le petit Foued, il est de la région, et on sait ce que ça représente. Que des imbéciles même pas marseillais passent leurs journées à chialer sur Internet, on s’en branle : ils n’ont même pas le courage de venir se mesurer aux matraques de nos stadiers sur place.
J’entends aussi des idiots chouiner parce qu’on prend un type qui fait la CAN. Mais attendez, Jordan, il n’ira pas, donc le problème est réglé. On a anticipé, le coiffeur du jardinier de Spino avait des infos sur les intentions du sélectionneur du Ghana. Et on a aussi Rémy et Gignac devant. S’ils se blessent, ce qui est totalement improbable, ce ne sera pas la mort de serrer les fesses pendant quelques journées : avec le bon état d’esprit, on peut déplacer des montagnes et obtenir quelques matchs nuls. Non, franchement, on est bien là. On a besoin d’un ailier en plus. Kadir n’en est pas un, mais Elie sait se débrouiller avec des axiaux.
Côté face : La possibilité d’une Karim Akl’île

Résumons : l’OM recherchait un pur ailier gauche pour pallier une carence d’effectif latente, accentuée par le départ d’André Ayew à la coupe d’Afrique des Nations. Et du coup, recrute un type pouvant jouer dans l’axe ou à droite mais a priori pas à gauche, qui ira lui aussi à la CAN. D’une logique imparable. Mais ce recrutement n’est pas aussi saugrenu qu’il en a l’air : d’une part, Kadir est un jeune joueur prometteur de 29 ans qui est fort de 18 mois comme titulaire en L1, dont 6 longs mois intéressants. D’autre part, dans l’intérêt supérieur du club, il était important que Karim Aklil puisse s’acheter une nouvelle Rolex, puisque celle qu'il s’était payée grâce au départ de Mamadou Niang s’est un petit peu usée.
Et puis soyons réalistes une seconde : pour commencer, c’est assez idiot de toujours râler comme des aigris, alors même que nous sommes co-leaders du championnat grâce à une mirifique première partie de saison, dont même les défaites humiliantes ont eu le mérite de nous offrir du spectacle et des buts. Mais surtout, bon sang, à 500.000 euros, qui vouliez-vous recruter de mieux que Kadir ? Bakar ? Mollo ? Vous auriez râlé aussi. Et puis je vous le demande : avec un autre que Kadir, aurait-on eu les mêmes énormes retombées marketing dues à la communauté algérienne de Consolat ? Hein ? Hein ?!
Enfin, et peut-être surtout, l’apport de Kadir se mesurera sur le long terme, et pas que pour les quelques semaines qui viennent. Ce court-termisme est ridicule. Gageons que dans quelques années, vers 33-34 ans, il sera au sommet de son art pour affoler les défenses adverse grâce à sa vivacité et à son endurance. Ce recrutement est donc une manière de préparer un éventuel départ de Matthieu Valbuena, qui s’il n’est pas prolongé tous les 6 mois pourrait bien avoir des contacts avec la fine fleur des clubs ouzbeks, géorgiens, turcs, grecs, ou somaliens…






