TFC-OM : 3 points c’est tout





L’OM cultive à merveille l’art du contrepied cette saison: un départ en boulet de canon (le meilleur de l’Histoire du Club) alors qu’on s’attendait à une saison de transition, puis ensuite des humiliations à répétition à chaque fois que cette équipe semblait être sur une bonne dynamique. Après la correction survenue contre Lorient il y’a deux journées, les hommes d’Elie Baup ont su relever la tête en ramenant trois points d’un déplacement jamais simple à Bastia. Contre un Toulouse à l’agonie ces derniers temps, la logique voulait donc que les olympiens se ramassent et relancent leur adversaire.


Il n’en a rien été : tout en étant très (trop) discrets offensivement, les Phocéens ont été relativement sereins sur le plan défensif, dans la mesure où Charles Kaboré n’a pas pris part à la rencontre. L’association Mendes-Nkoulou s’est révélée complémentaire, le Brésilien se montrant plutôt convainquant dans l’axe central. Même la présence de l’inénarrable Jérémy Morel, dont la nullité est à ce point acquise qu’Alain Casanova lui a collé le Serbe Nimkov comme adversaire direct, n’a pas suffi à animer un début de match bien morne, entre indigence marseillaise et Toulousisme Toulousain.



Comme contre Lille, c’est finalement un fait de match qui va secouer tout ça ; un double fait de match, en fait : premier à entrer en action, le footballistiquement pittoresque Mbengué découpe Morgan Amalfitano dans le camp marseillais, et se fait exclure. Une faute dangereuse pour l’intégrité physique de l’ancien Lorientais, qui justifie cette décision, n’en déplaise à certains crétins congénitaux à la dégaine de VRP de province officiant sur Canal Plus. Dans la foulée, après que l’OM a obtenu puis raté un pénalty par André Ayew, qui s’obstine pour on ne sait quelle raison à ne prendre que 3 pas d’élan à la con dans cet exercice, Franck Tabanou, probablement vexé d’occuper le même poste que Morel depuis l’expulsion, se fait éjecter à son tour, lui aussi pour découpage. De manière inexpliquée, Stéphane Guy ferme sa boîte à âneries sur ce coup-là.

En supériorité numérique, l’OM se crée enfin quelques occasions nettes, mais bute sur un excellent Ali Ahamada, qui a décidé de faire le match de sa saison contre l’OM, comme tous les joueurs moyens surcotés de ce championnat. A la pause, le score est vierge, mais avec deux joueurs de plus pendant toute une mi-temps (la blessure d’Amalfitano, remplacé par Gignac à la pause, permet à l’OM de jouer à nouveau à 11), on voit mal comment la bande à José pourrait ne pas en planter au moins un.

Eh bien, on avait tort de mal voir. Grâce à une remarquable indigence combinée à une médiocrité collective indéniable, les Marseillais vont réussir l’exploit de ne pas se créer la moindre occasion pendant une petite vingtaine de minutes. Au point qu’un scénario de la honte, sur fond de contre rosâtre meurtrier, commençait sérieusement à poindre le bout de son nez. Finalement, il aura fallu que les Sadran Boys se retrouvent temporairement à 8 contre 11 pour qu’André Pierre Gignac, indispensable à Marseille cette saison, ouvre la marque : le Martégal, libre de tout marquage puisque Nimkov semble avoir subitement décidé de partir acheter une baguette de pain, a tout loisir de placer sur une magnifique Gignaquerie à la mode de Toulouse dans la lucarne adverse.



L’OM ne parviendra jamais à creuser l’écart, malgré plusieurs énormes occasions, notamment d’un Loïc Rémy psychologiquement atteint et néanmoins auteur d’une entrée en jeu relativement encourageante. Pire, s’exposant aux contres adverses, les partenaires de Steve Mandanda lui devront une fière chandelle, puisque ce dernier évitera par deux fois une égalisation sur coup de pied arrêté, en particulier en réalisant une formidable parade dans les airs pour capter une tentative toulousaine de la tête. Un grand gardien qui sauve, le match, le retour d’un grand avant-centre à qui l’on doit beaucoup de notre excellent début de saison : finalement le foot, c’est très simple. Ajoutons à cela la montée en puissance d’un Barton encore très bon et le retour en forme prochain du métronome Valbuena, et l’OM pourrait vraiment espérer vivre une belle saison. Mais cet équilibre, très fragile, reste hypothétique, là où les profondes lacunes et le manque de talent collectif de ce groupe n’ont par contre jamais été aussi criants que ces dernières semaines. C’est donc dans la peau d’un drôle de co-leader que Marseille va recevoir Saint-Etienne avant les fêtes, dans l’espoir de confirmer cette étriquée conquête de la ville rose, illustrée par un maillot au diapason…


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